Le Semestre européen - le processus annuel de coordination des politiques économiques et sociales de l’Union européenne - a des implications majeures pour les systèmes éducatifs et leurs travailleur·euse·s. Le 1er octobre 2019, à Bruxelles, le CSEE a collaboré avec la FSESP pour organiser la conférence intitulée «Syndicats des services publics: une intervention efficace dans le Semestre européen». Telle était la conclusion d'un projet commun visant à étudier l'impact du Semestre européen sur les services publics et l'éducation et le rôle joué par les syndicats des services publics.

Le public comprenait plus de 60 représentant·e·s de syndicats des secteurs public et de l’éducation. Il·elle·s ont tenu à discuter de leur impact actuel et potentiel sur le Semestre européen et à apprendre de leurs collègues d'autres régions de l'UE. Au cours de l'événement, les participant·e·s ont eu l’occasion de s’informer au sujet des nouvelles recherches des partenaires du projet, l'Université de Nottingham et l'Observatoire social européen (OSE), menées au cours des deux dernières années et appuyées par des études de cas menées au Danemark, en France, en Irlande, en Italie et en Lettonie. Des représentants de la Commission européenne et d’organisations d’employeurs nous ont également rejoints.

Le professeur Howard Stevenson, de l'Université de Nottingham, a présenté la recherche, qui analyse les cycles du Semestre de 2017-18 et 2018-2019. Il a souligné la pertinence du Semestre pour les syndicats. Au début, le Semestre pouvait sembler être une paperasse technocratique, mais il s’agit d’un processus hautement politique ayant un impact réel sur l’éducation, les services publics en général et leurs travailleur·euse·s.

Les résultats de la recherche et les études de cas ont révélé qu’un processus de Semestre européen homogène n’existait pas: il existe 28 approches différentes. Cependant, certains problèmes peuvent également être constatés dans l'ensemble de l'UE. Par exemple, l'un des principaux inconvénients du processus du Semestre est son calendrier serré, qui peut limiter la qualité des réponses et du débat entre les partenaires sociaux.

Dans l'ensemble, les syndicats ont indiqué que le dialogue social au sein du semestre européen reste souvent superficiel. Cependant, une influence syndicale claire peut être identifiée lorsque l’approche du dialogue social est plus judicieuse.

Les syndicats peuvent également prendre des mesures pour accroître leur impact, par exemple en formant des alliances aux niveaux national et européen afin de renforcer leurs positions. En effet, une approche plus cohérente et coordonnée de la part des syndicats compléterait la recommandation des chercheur·euse·s d’ouvrir le semestre à un plus grand nombre de parties prenantes. Cela créerait plus d'intérêt du public pour le Semestre et mobiliserait ainsi davantage de contributions au bénéfice du processus.

La conférence s'est terminée par une table ronde présidée par Bart Vanhercke (OSE) et réunissant Paola Cammilli (CSEE), Jan Willem Goudriaan (FSESP), Daniel Wisniewski de la Fédération européenne des employeurs de l'éducation (FEEE), Leonard Ebner, des gouvernements locaux en tant qu’employeurs (CCRE) et Filip Tanay de l’unité chargée de la coordination du Semestre européen à la DG Emploi de la Commission européenne. Les partenaires sociaux ont souligné que les résultats concrets du Semestre européen contribueront à la participation des syndicats nationaux. Les partenaires sociaux européens devraient soutenir cette transformation en renforçant les capacités.

Le rapport final établi dans le cadre du projet sera bientôt publié, mais vous pouvez consulter les présentations sur la recherche générale et sur quatre des études de cas ici (tous en anglais):