Un rapport récent de l’Agence des droits fondamentaux de l’UE (FRA) sur «La transition de l’éducation à l’emploi des jeunes Roms dans neuf Etats membres de l’UE» (juillet 2018) explore les facteurs qui empêchent les Roms de recevoir une bonne éducation et un bon emploi. L'analyse (2011-2017) se concentre sur neuf États membres de l'UE: la Bulgarie, la Croatie, la République tchèque, la Grèce, la Hongrie, le Portugal, la Roumanie, la Slovaquie et l'Espagne.

Elle compare la situation dans ces pays de l'UE entre 2011 et 2016. Le rapport montre que la situation des jeunes Roms, en particulier des femmes, ne s'est guère améliorée au niveau de l’emploi, alors qu’elle est légèrement meilleure au niveau de l’éducation.

En effet, vivre dans des logements surpeuplés, dans des zones isolées ou menacées de pauvreté tend à accroître le risque de voir les jeunes Roms quitter l’école avant de terminer leurs études secondaires ou professionnelles. Étant donné que 80% des Roms sont exposés à la pauvreté, la lutte contre la pauvreté est essentielle pour aider les Roms à mieux réussir leurs études.

La situation est particulièrement grave pour les jeunes Roms âgés de 16 à 24 ans. Près des deux tiers des jeunes Roms ne travaillent pas, ne font pas d'études ou ne suivent pas de formation. C'est plus de trois fois le taux des groupes d'âge similaires parmi la population générale des pays sur lesquels la FRA s'est concentrée.

Les rôles de genre traditionnels jouent également un rôle. Par exemple, il y a deux fois plus d'hommes roms qui travaillent que de femmes. Cela souligne l'importance de fournir une éducation et des soins à la petite enfance pour permettre à davantage de femmes roms de travailler.

L'analyse souligne également comment l'éducation peut aider les Roms à sortir du cycle de la pauvreté. Comme de plus en plus de femmes roms sont instruites, il semble qu'elles soient plus susceptibles que les hommes d'occuper un emploi permanent qualifié.

Le CSEE insiste constamment sur la préoccupation persistante concernant le décrochage scolaire et la ségrégation parmi les élèves roms. Une éducation de meilleure qualité et inclusive peut aider à briser les stéréotypes sexistes des Roms; à trouver des emplois équitables et plus sûrs; à lutter contre les préjugés anti-Gitans et à prévenir la discrimination dans le travail et réduire les perspectives d'emploi, ce qui se traduit par des emplois plus pauvres avec moins de sécurité d'emploi, moins d'avantages sociaux et une rémunération moins élevée.

En vue de promouvoir l'inclusion éducative des Roms, le CSEE a mené un projet de l'UE intitulé «Développer une éducation de qualité non discriminatoire pour les enfants roms».