Les 20 et 21 octobre, le CSEE a organisé le troisième séminaire de formation du projet « Investir dans l’éducation : renforcer l’implication des syndicats de l’enseignement dans le Semestre européen pour l’éducation et la formation », à Rome, en Italie, avec le soutien de l’un des partenaires italiens du projet, FLC-CGIL. Ce séminaire de formation d’un jour et demi a offert l’occasion aux représentant(e)s syndicaux/ales venu(e)s de la Belgique, du Danemark, de l’Italie, de la Slovénie et des Pays-Bas, d’analyser les impacts du Semestre européen sur les réformes nationales en matière d’éducation et de formation, et de discuter de l’investissement et des tendances à la privatisation.

Cycle annuel de coordination de la gouvernance économique, le Semestre européen exerce une influence de plus en plus marquée sur les politiques éducatives nationales, notamment au travers des Recommandations spécifiques par pays (RSP) pour l’éducation et la formation. En 2016, la quasi-totalité des pays de l’UE se sont vu adresser des RSP dans le domaine de l’éducation, portant principalement sur l’amélioration de l’adéquation entre la formation et le marché du travail, l’accès à l’éducation de qualité pour les élèves issu(e)s des milieux les plus défavorisés, le développement professionnel des enseignant(e)s et l’accroissement des investissements dans le secteur, y compris à partir de sources privées.

Au cours du séminaire de formation, Thomas Hoelgaard du DLF, organisation membre de l’IE/CSEE au Danemark et co-candidat au projet, a expliqué la stratégie mise en place par son syndicat pour mieux s’impliquer dans le mécanisme du Semestre européen. Toutefois, en poussant l’analyse au-delà des frontières, il apparaît clairement qu’il n’existe aucune solution de type « standard ». Paola Serafin (CISL-Scuola) a déploré l’absence de dialogue et de coopération efficace avec le gouvernement italien, en ce qui concerne le récent système de réforme pour l’éducation et la formation « La bonne école ».  Rossella Benedetti (UIL et UIL Scuola) a présenté des exemples de participation des confédérations syndicales nationales italiennes au Semestre européen. Le professeur Howard Stevenson de l’Université de Nottingham, engagé dans le projet en tant que spécialiste de la recherche, a épinglé le risque de privatisation de/au sein de l’éducation découlant des contraintes budgétaires et fiscales strictes imposées par le Semestre européen. Dans le cadre de plusieurs ateliers actifs, les participant(e)s ont partagé leurs expériences, discuté de problèmes communs et suggéré des idées pour orienter le Semestre européen.

Le quatrième et dernier séminaire de formation est prévu en janvier 2017 à Ljubljana, en Slovénie. La conférence de clôture du projet se tiendra à Bruxelles, en juin 2017.

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