Les syndicats de l'éducation proposent des solutions pour réduire la pénurie d'enseignant·e·s en Europe

Publié:

Face à la pénurie d’enseignant·e·s en Europe, quelles solutions pouvons-nous proposer pour rendre la profession plus attractive et durable ? Le Rapport de suivi de l’éducation et de la formation 2023 met en lumière cette question urgente, révélant des statistiques sombres et appelant à une action immédiate.

Les données du Rapport de suivi de l’éducation et de la formation 2023 suggèrent des solutions pour réduire la pénurie d’enseignant·e·s en Europe. Le Rapport de suivi de l’éducation et de la formation 2023 souligne que la pénurie d’enseignant·e·s est un problème majeur dans l’ensemble de l’UE. Par exemple, le secteur de l’éducation de la petite enfance (EPE) est touché par les bas salaires, les mauvaises conditions de travail, la pression élevée et le manque de formation, ce qui rend la profession peu attrayante.

Les données spécifiques aux pays montrent que :

En Italie, au cours de l’année scolaire 2021/2022, seuls 73 000 des 125 000 postes d’enseignant·e ont été pourvus de manière permanente, les enseignant·e·s gagnant 27 % de moins que les autres travailleur·euse·s diplômé·e·s de l’enseignement supérieur.

L’Allemagne est confrontée à une augmentation prévue de 40 000 à 80 000 postes d’enseignant·e vacants d’ici 2030.

Au Danemark, 13 % des enseignant·e·s du primaire et du premier cycle du secondaire manquent de formation pédagogique.

En Pologne, 45 000 enseignant·e·s avaient dépassé l'âge de la retraite (7 % du personnel enseignant) en 2022.

Les organisations membres du CSEE ont récemment discuté de solutions possibles pour résoudre ce problème. Elles estiment que rendre la profession enseignant·ee attrayante nécessite des actions urgentes de la part des États membres de l'UE et un dialogue social efficace pour garantir des salaires décents et des conditions de travail équitables à l’ensemble des enseignant·e·s. La pénurie d'enseignant·e·s varie d'un pays à l'autre, d'une région à l'autre et d'une matière à l'autre, ce qui nécessite des recherches et des solutions adaptées. Par exemple, même si l’Irlande n’est pas confrontée à une pénurie rurale, la Finlande est confrontée à ce problème, en particulier dans l’éducation de la petite enfance et l’enseignement et la formation professionnels, voir à ce sujet le Rapport sur la pénurie d’enseignant·e·s dans les pays nordiques 2023.

Il est essentiel d’améliorer les conditions de formation initiale des enseignant·e·s et de relever les défis des jeunes enseignant·e·s. Il est inacceptable que les exigences de qualification soient abaissées parce que cela affecte négativement la qualité de l'éducation. Au lieu de cela, les pays devraient offrir des incitations telles que des programmes de Masters gratuits pour les future·e·s enseignant·e·s  (par exemple, l'Islande) et soutenir les enseignant·e·s débutant·e·s qui souffrent de tarifs de logement inabordables.

Les données du Rapport de suivi de l’éducation et de la formation 2023 montrent une baisse du nombre d'enseignant·e·s débutant·e·s en Irlande en raison du coût de la vie élevé depuis 2015. Soutenir financièrement les étudiant·e·s de ce secteur pendant leur phase d'intégration est une étape cruciale. Certains gouvernements recrutent déjà des enseignant·e·s non qualifié·e·s et envisagent d’élargir les qualifications initiales des enseignant·e·s  (par exemple en Finlande) ou de réduire le niveau minimum de qualification requis du Master au Bachelor (par exemple en France). Le CSEE insiste sur des qualifications de niveau Master pour l’ensemble des enseignant·e·s et sur des augmentations de salaire correspondant à celles des autres travailleur·euse·s  diplômé·e·s de l'enseignement supérieur.

Nombre d’enseignant·e·s quittent la profession dès le début de leur carrière, à la recherche de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail que dans le secteur de l'éducation. Les travailleur·euse·s à la recherche de « voies alternatives » vers l'enseignement et issus de professions différentes devraient être soutenu·e·s afin qu'il·elle·s puissent accéder aux qualifications initiales d'enseignant·e avec des horaires de formation flexibles. Il·elle·s doivent bénéficier d'une égalité de traitement en matière de salaire, de contrats et de statut avec les enseignant·e·s ayant obtenu leurs qualifications initiales de manière traditionnelle. En effet, le processus du Semestre européen joue un rôle crucial en recommandant des améliorations des investissements publics dans l’éducation, des salaires et des conditions de travail équitables.