De nouvelles données de la Commission européenne indiquent qu'une augmentation de l'investissement public dans l'éducation de la petite enfance serait extrêmement rentable et que le financement de l'enseignement supérieur doit également être renforcé. Le CSEE se réjouit de la conclusion du rapport, indiquant que la négociation collective sectorielle et une affiliation syndicale élevée peuvent contribuer à construire une Europe socialement durable.

Le dernier rapport de la Commission européenne sur l’évolution de l'emploi et de la situation sociale en Europe (ESDE) se concentre sur la durabilité économique, sociale et environnementale. L’examen de cette année porte sur la croissance durable pour tou·te·s : des choix pour l'avenir de l'Europe sociale, et a été publié en septembre 2019.

Les données confirment qu’une négociation collective et un dialogue social forts sont des éléments essentiels pour une croissance durable - une position que le CSEE et ses membres défendent constamment. L'examen souligne que la négociation collective améliore la durabilité sociale en réduisant les inégalités de revenu. La densité syndicale élevée réduit également les taux de pauvreté au travail. Le niveau de négociation collective est également important : les négociations sectorielles ou nationales atteignent davantage de personnes que les accords d'entreprise, et leur impact positif est donc plus important. L’examen permet en outre de constater que les partenaires sociaux contribuent au développement durable en favorisant des milieux de travail inclusifs et une gouvernance impliquant toutes les parties prenantes.

Graphique: L'inégalité des revenus brute tend à être plus faible pour les taux de couverture plus élevés : Inégalité des revenus et couverture des négociations collectives

Gross income inequality tends to be lower for higher coverage rates: Income inequality and collective bargaining

Source: Coverage rate: ICTWSS & GINI-Coefficient DG-EMPL calculations, EU-SILC UDB.

Le chapitre sur la durabilité sociale porte plus spécifiquement sur l'éducation et la formation. Il souligne tout particulièrement les avantages de l'investissement dans l'éducation de la petite enfance, un investissement particulièrement efficace car il influence significativement l’avenir des enfants et la vie des parents. L'augmentation du financement pour l'éducation de la petite enfance peut aider à combler les inégalités fondées sur le genre et le revenu, qui existent en partie car les familles riches sont en mesure de payer la garde des enfants dans des situations où les dispositions publiques font défaut. L'examen appelle également à des investissements plus importants dans l'enseignement supérieur. En effet, le nombre d'étudiant·e·s augmente chaque année, mais les dépenses réelles par étudiant·e ont diminué entre 2008-2017.

Le CSEE voit dans ce rapport de l'Union européenne une reconnaissance claire de la nécessité pour les gouvernements européens d’augmenter les dépenses publiques dans l'ensemble des secteurs de l'éducation après une décennie de coupes dans les budgets consacrés à l'éducation publique dans presque tous les pays de l'UE. Le rapport appelle également à une négociation collective et à un dialogue social utiles et efficaces, dans le cadre d'une stratégie européenne de croissance qui se veut durable d’un point de vue social, économique et écologique et qui contribue pleinement à la défense des droits et du statut professionnel des travailleurs·euses de l'éducation. En effet, nous nous réjouissons de lire un rapport de la Commission européenne qui soit tellement en accord avec les demandes de notre campagne « Façonner l'avenir de l'Europe avec les enseignant·e·s» ! Nous demandons à la Commission de prendre note de son propre rapport de recherche lors de la conception des politiques futures, notamment lors de l'élaboration de recommandations sur l'éducation et les dépenses publiques dans le cadre du Semestre européen.

Le titre du rapport de cette année était également l'objet de la conférence « Une croissance durable pour tou·te·s : des choix pour l'avenir de l'Europe sociale ». Les participant·e·s issu·e·s de nombreuses organisations y ont assisté, en ce compris le CSEE et d’autres partenaires sociaux. Les principaux points de discussion ont porté sur la durabilité économique, la durabilité sociale et la durabilité environnementale.