Un nouveau rapport d'Eurydice analyse les salaires statutaires des enseignant·e·s et des chef·fe·s d'établissement dans les établissements publics d'enseignement préscolaire, primaire et secondaire général dans 42 systèmes éducatifs européens. Les chiffres montrent que les salaires ont augmenté dans la plupart des pays au cours de cette période, mais que certains pays présentent encore de grandes différences de salaires entre les niveaux d’éducation. Le rapport comprend un large éventail de données nationales sur les salaires, indemnités et autres paiements supplémentaires versés aux enseignant·e·s et aux chef·fe·s d’établissement.

Le rapport, publié en octobre 2019, montre les principaux changements intervenus dans les salaires statutaires sur une période de trois ans, en comparant les salaires réels des enseignant·e·s au PIB par habitant du pays dans lequel il·elle·s travaillent. Les salaires statutaires de départ vont de moins de 5.000€ par an en Bulgarie et en Albanie à plus de 70.000€ au Luxembourg et au Liechtenstein. Dans certains systèmes éducatifs, les salaires statutaires des nouveaux enseignant·e·s ont considérablement augmenté ces dernières années, de 15% en Bulgarie et en République tchèque notamment.

Les augmentations de salaires possibles tout au long de la carrière d’un·e enseignant·e varient également considérablement. Dans des pays comme la Grèce, la France, le Luxembourg, la Hongrie et l'Autriche, le salaire des enseignant·e·s comptant le plus grand nombre d'années d'expérience est jusqu'à 70% supérieur au salaire de départ. Par exemple, un·e enseignant·e nouvellement qualifié·e en Autriche débute à 35.205€, contre 72.763€ au sommet de l'échelle des traitements. Cependant, il faut entre 29 et 42 ans de travail pour atteindre ces niveaux plus élevés.

Tableau 4: Différence en pourcentage entre les salaires statutaires de départ des enseignant·e·s du premier cycle du secondaire et les salaires après 10 et 15 années de service, et au sommet de l’échelle salariale, 2017/18

Percentage difference between the statutory starting salaries of lower secondary

Dans de nombreux pays, les salaires diffèrent d’un niveau du secteur de l’enseignement à un autre en raison des exigences minimales en matière de qualifications. Cependant, dans certains pays, tou·te·s les enseignant·e·s ont le même salaire statutaire, quel que soit le secteur d’enseignement dans lequel il·elle·s enseignent. Par exemple, les enseignant·e·s irlandais·e·s touchent au départ 35.958€ par an dans les enseignements primaire, secondaire inférieur et supérieur et peuvent tou·te·s s’attendre à recevoir le même salaire au sommet de l'échelle.

En ce qui concerne les variations entre les salaires des enseignant·e·s et des chef·fe·s d'établissement, le rapport montre que les différences les plus importantes se présentent en Irlande, en Italie, en Hongrie, en Roumanie, au Royaume-Uni et dans la Communauté germanophone de Belgique. Au Royaume-Uni, certains chef·fe·s d’établissement gagnent trois fois plus que les enseignant·e·s: le salaire annuel maximum d’un enseignant·e est de 43.667 €, contre 123.618 € pour les chef·fe·s d’établissement.

Le CSEE souligne que l’enseignement est un métier exigeant qui joue un rôle vital dans la société. Des salaires équitables sont fondamentaux pour assurer la satisfaction et la motivation des enseignant·e·s et sont étroitement liés à l’attractivité de la profession. Cela a un impact majeur sur le recrutement et le maintien en poste des enseignant·e·s, sur les conditions de travail et sur la qualité de l'enseignement, comme nous l’apprend le rapport Regards sur l’éducation 2019 de l'OCDE. Dans ce contexte, le CSEE souligne une fois de plus combien il est important de faire en sorte que la profession enseignante soit attrayante et de souligner le rôle crucial que jouent les syndicats de l’éducation dans ce processus.

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