Le 21 juin 2019, à l’occasion de la 108e session de la Conférence internationale du travail de l’OIT (centenaire), une majorité écrasante de participant·e·s a voté en faveur des ambitieuses Convention et Recommandation concernant l’élimination de la violence et du harcèlement dans le monde du travail.

Cet instrument sans précédent a pour objectif de protéger l’ensemble des travailleur·euse·s, tant dans le secteur public que privé, y compris les demandeur·euse·s d’emploi, les travailleur·euse·s à temps partiel, les stagiaires, les apprenti·e·s et les bénévoles.

Les initiatives majeures pour prévenir et combattre le harcèlement et la violence dans le monde du travail sont, entre autres, l’adoption par l’ensemble des membres de l’OIT, en coopération avec les partenaires sociaux, d’une approche de la prévention et de l’élimination de la violence et du harcèlement dans le monde du travail qui soit inclusive, intégrée et soucieuse de la dimension du genre, par exemple au travers de nouveaux outils, de directives, de l’éducation et de la formation et de mesures de sensibilisation. La Convention souligne l’importance de respecter, promouvoir et appliquer les principes et droits fondamentaux sur le lieu de travail, notamment la liberté syndicale et la reconnaissance effective du droit de négociation collective.

Le CSEE salue vivement cette initiative, rappelant que la violence, notamment sexiste, est un problème en recrudescence dans le secteur de l’éducation. Une recherche réalisée récemment par le CSEE révèle que plus de 50 % des syndicats européens de l’enseignement jugent important le problème de la violence fondée sur le genre et se montrent inquiets de l’utilisation croissante des réseaux sociaux à des fins de harcèlement et de cyber-intimidation. Partout en Europe, les enseignant·e·s reçoivent des menaces de violence de la part des élèves, des parents et des membres du personnel, mais hésitent à signaler ce type d’incident par crainte de voir leur plainte ne pas être prise au sérieux ou ne déboucher sur aucune mesure.

Susan Flocken, Directrice européenne du CSEE se félicite de l’adoption de la Convention : « Avec l’adoption de cette Convention, l’Organisation internationale du Travail écoute, reconnaît et défend les travailleur·euse·s qui, en Europe et ailleurs dans le monde, sont victimes de harcèlement et de violence sur leur lieu de travail et n’ont que peu de possibilités de recours. Il est désormais d’une importance capitale que les membres de l’OIT rendent exécutoires les mesures de prévention et de lutte énoncées dans la Convention, dans tous les secteurs, en étroite coopération avec les partenaires sociaux, en accordant une attention plus particulière aux travailleur·euse·s vulnérables. »

Le CSEE soutient activement ses organisations membres dans leur combat pour éliminer et prévenir la violence et le harcèlement dans le secteur de l’éducation, notamment au travers de son projet mené conjointement avec la FEEE Violence de tiers (2011-2012), de la publication du Guide de mise en œuvre conjoint des lignes directrices
multisectorielles portant sur la violence de tiers et le harcèlement au travail « Comment prévenir et atténuer la violence de tiers et le harcèlement à l’école » (2012), et du développement conjoint avec la FEEE d’un outil interactif d’évaluation des risques en ligne pour le secteur de l’éducation, dans le cadre du projet OiRA (2018-2019).

D’autre part, dans le cadre du projet en cours du CSEE Donner aux syndicats de l'enseignement les moyens d'aborder l'égalité des sexes dans la profession enseignante à travers le dialogue social, les organisations membres ont eu l’occasion de se rencontrer lors de séminaires de formation et d’expliquer le rôle crucial qu’elles ont joué dans la lutte contre la violence fondée sur le genre au sein de leurs systèmes d’éducation respectifs. Les initiatives qui ont été prises ont notamment consisté à organiser des campagnes de sensibilisation, mener des enquêtes pour déterminer l’ampleur du problème dans les écoles, supprimer les contenus violents présents dans les manuels scolaires et faire en sorte que la pénalisation du harcèlement du personnel enseignant soit intégrée à la législation nationale.

Ces exemples, et d’autres encore, seront disponibles dans la base de données des bonnes pratiques en ligne du CSEE, dont le lancement est prévu prochainement sur son site web.