L'Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail a récemment publié un rapport de recherche sur la Gestion des risques psychosociaux sur les lieux de travail européens: éléments de preuve issus de la deuxième enquête européenne des entreprises sur les risques nouveaux et émergents (ESENER-2)

L'une des principales conclusions est que le secteur de l'éducation est l'un des secteurs qui consacrent une grande partie de leurs efforts à la gestion des risques psychosociaux, en particulier par le biais des syndicats de l'éducation. Le rapport fait état d’un «contexte national défavorable» (par exemple, une gestion médiocre de la sécurité et de la santé au travail, peu de ressources financières, etc.) comme l’un des principaux obstacles à la mise en place de procédures de gestion efficaces. On en conclut qu'une économie forte, de bonnes initiatives nationales en matière de sécurité et de santé au travail et des facteurs culturels sont tous associés à des niveaux plus élevés de gestion des risques psychosociaux. En effet, le CSEE préconise des instruments de dialogue social forts et des représentants syndicaux dans les écoles pour garantir une bonne SST dans les établissements d'enseignement.

Le CSEE regrette que cette étude ESENER ait été menée sans la participation ou la consultation des syndicats du secteur de l'éducation pour suivre les défis et les bonnes pratiques résultant du Projet de dialogue social CSEE/EFEE sur la promotion par les partenaires sociaux de lieux de travail décents dans le secteur de l’éducation en vue d’une vie professionnelle plus saine.

Le CSEE critique le fait que l'étude n'ait pas accordé suffisamment d'attention aux risques psychosociaux nouveaux et émergents dans le secteur de l'éducation (par exemple, la cybersécurité et les risques associés aux TIC) et observe en particulier:

  • Que les enseignants et les chefs d'établissement sont confrontés à de grandes attentes de la part des parents et des élèves, à des exigences quantitatives, émotionnelles et cognitives, ainsi qu'à une demande croissante d'engagement des enseignants, en raison de l’augmentation du temps consacrés aux trajets et de l'utilisation des courriers électroniques et d’autres systèmes en ligne dans un contexte éducatif.
  • Que l’augmentation des demandes quantitatives se traduit par «trop peu de temps consacré à enseigner» et par des conflits concernant l’équilibre travail-vie privée du personnel.
  • La cyberintimidation et le harcèlement au moyen des TIC, y compris les risques liés à la protection des données et à la vie privée des enseignants et des élèves.

Le CSEE observe également que, dans la majorité des pays européens, les modèles de leadership collégial et coopératif et l'intégration de la prévention des risques psychosociaux dans la vie quotidienne de l'école et dans les règles concernant l’utilisation des TIC et les réponses des enseignants aux courriers électroniques sont fondamentaux.

Des évaluations des risques psychosociaux sont également nécessaires, notamment avec la coopération des municipalités pour partager leurs progrès en matière d'organisation du travail et d'innovation avec les écoles. Le développement de formations à l'information et à la gestion du stress par les partenaires sociaux, tant au niveau organisationnel que comportemental, est très utile pour prévenir et gérer les risques psychosociaux liés aux TIC.

Pour lire le rapport complet EU-OSHA ESENER sur les risques psychosociaux nouveaux et émergents, veuillez cliquer ici.

Pour lire les directives pratiques conjointes CSEE/FEEE sur la promotion des initiatives conjointes des partenaires sociaux aux niveaux européen, national, régional et local pour prévenir et combattre les risques psychosociaux dans l'éducation, veuillez cliquer ici.