Les syndicats d’enseignants demandent la poursuite des consultations concernant la Nouvelle stratégie en matière de compétences pour l’Europe

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La Commission européenne vient de publier aujourd’hui sa Communication aux institutions européennes intitulée « UNE NOUVELLE STRATÉGIE EN MATIÈRE DE COMPÉTENCES POUR L’EUROPE - Travailler ensemble pour renforcer le capital humain et améliorer l’employabilité et la compétitivité ».

Dans notre précédent document de prise de position envoyé à la Commission, nous avions souligné l’importance des enseignants et du dialogue social avec les syndicats de l’éducation pour améliorer l’offre et la qualité des compétences.

Nous nous félicitons, par conséquent, de la place importante accordée par la Commission au rôle des enseignants, laquelle souligne ce qui suit :

  • Renforcer l’attrait de la profession d’enseignant pourrait inciter des jeunes talentueux à s’engager dans cette carrière.
  • La qualité et l’adéquation de l’enseignement et de la formation, ainsi que les normes qui régissent l’éducation, devraient atteindre des niveaux d’excellence identiques dans l’ensemble des pays européens.
  • La priorité devrait être davantage accordée au recrutement et à la rétention des enseignants, à leurs conditions de travail et à leur développement professionnel.

Nous saluons la reconnaissance du rôle important que jouent les partenaires sociaux dans le cadre de la collaboration avec la Commission et les gouvernements, en ce qui concerne la définition des objectifs proposés pour la nouvelle stratégie en matière de compétences pour l’Europe. Nous observons également que l’enseignement des compétences clés n’est pas pleinement intégré à bon nombre de programmes scolaires nationaux. Raison pour laquelle les syndicats d’enseignants peuvent apporter une précieuse contribution à la révision du Cadre des compétences clés prévu dans le cadre de l’initiative, lequel devrait, selon nous, davantage insister sur la mise en œuvre des compétences définies en concertation, et non sur leur renouvellement.

« Nous saluons l’importance accordée à l’initiative en faveur de l’investissement dans l’éducation et la formation publiques », précise Martin Rømer, Directeur européen du CSEE. Il ajoute : « Toutefois, l’investissement public doit être durable et prévisible, tandis que l’utilisation des fonds privés, par exemple, au travers du Plan d’investissement pour l’Europe, doit être évitée dans le secteur de l’éducation publique et de la formation ». Le CSEE partage le point de vue de la Commission européenne, selon lequel l’éducation se révèle le principal levier de développement économique et sociétal pour l’Europe, ainsi qu’un outil essentiel pour lutter contre la recrudescence des inégalités. Martin Rømer conclut : « Ce principe doit être pris en compte dans le Système de comptabilité nationale, où les investissements dans l’éducation doivent être consignés en tant qu’investissements et non en tant que dépenses ». Concernant le soutien à l’intégration des migrants, un investissement financier immédiat est nécessaire pour assurer le recrutement des enseignants, la participation des effectifs retraités et la reconnaissance des qualifications des enseignants migrants et réfugiés.

Dans notre document de prise de position précédent, nous avions souligné l’importance de créer des partenariats entre l’EFP et les entreprises pour favoriser l’apprentissage et la formation en milieu professionnel, mais pas dans les autres secteurs de l’éducation. Par conséquent nous ne sommes guère favorables à la proposition de la Commission, qui entend « renforcer les partenariats entreprises-enseignement en faisant intervenir tous les secteurs et niveaux d’éducation et de formation ». Nous demandons à la Commission européenne d’agir avec prudence dans ce cadre, sachant que l’intervention des entreprises dans tous les secteurs de l’éducation aurait notamment une incidence sur la mission sociétale de l’éducation, la durabilité des financements et l’autonomie des établissements d’enseignement supérieur.

Nous constatons les nombreux effets positifs d’une éducation de la petite enfance de qualité sur les prédispositions et motivations futures des individus en matière d’apprentissage, mais plusieurs Etats membres sont confrontés à une recrudescence de la privatisation et à l’instauration ou l’augmentation des frais d’inscription dans les établissements de ce secteur. Les mesures prises suite à l’initiative de la Commission devront insister en particulier sur cette problématique.

Nous demandons à la Commission de poursuivre les consultations avec le CSEE et ses organisations membres, à propos de notre position et de nos initiatives futures en lien avec la nouvelle stratégie.